Oui, on peut obtenir un prêt immobilier en CDD. La banque examine alors de plus près la régularité de vos revenus, votre ancienneté dans le métier, votre apport et la tenue de vos comptes. Bien préparé, un dossier en CDD peut aboutir, que vous empruntiez seul ou à deux.
Chez FG STRATEGIES, nous l’entendons souvent lors d’un premier échange, à Montpellier comme en visio : « en CDD, ce n’est même pas la peine d’essayer ». Notre expérience de courtier dit autre chose. La réponse dépend de votre parcours professionnel et de votre projet, bien plus que de l’intitulé de votre contrat.
Pourquoi le CDD inquiète les banques
Un prêt immobilier engage la banque sur 20 ou 25 ans. Elle cherche donc des revenus qu’elle peut considérer comme durables. Le CDI reste la référence, parce qu’il n’a pas de date de fin. Avec un CDD, l’établissement doit se convaincre que vos revenus continueront après le terme du contrat : c’est tout l’enjeu de votre dossier.
Depuis 2022, les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) s’imposent à toutes les banques. Votre taux d’effort, c’est-à-dire la part de vos revenus consacrée au remboursement de vos crédits, assurance emprunteur comprise, ne doit pas dépasser 35 %. La durée du prêt est limitée à 25 ans, ou 27 ans lorsque le remboursement commence plus tard, par exemple pour un logement neuf ou des travaux. Les banques disposent d’une petite marge de dérogation, qu’elles réservent en priorité aux achats de résidence principale.
Enfin, les taux ont nettement remonté depuis 2022. Chaque élément du dossier compte davantage qu’à l’époque des taux très bas, et cela vaut encore plus pour un profil hors CDI.
Ce qui rend un dossier en CDD solide
Certains de nos clients ont choisi le CDD : envie de mobilité, de multiplier les expériences, de cumuler plusieurs activités. D’autres le subissent. Dans les deux cas, les banques regardent les mêmes points.
- L’ancienneté dans le métier. Deux à trois ans d’activité régulière dans le même secteur, même chez plusieurs employeurs, rassurent bien plus qu’un premier contrat. Peu d’interruptions entre deux contrats, c’est la preuve que votre métier recrute.
- Des revenus réguliers et justifiés. Vos bulletins de salaire et vos derniers avis d’imposition permettent de calculer un revenu moyen, en lissant les variations d’une année sur l’autre.
- L’apport et l’épargne qui reste après l’achat. Un profil en CDD qui épargne régulièrement et garde une réserve après le projet est souvent mieux perçu qu’un profil en CDI sans aucune épargne.
- Des comptes bien tenus. Pas d’incident, peu de crédits en cours, une gestion lisible : cela compte pour tout le monde, et davantage encore hors CDI. Nous en parlons dans notre article sur le découvert bancaire et le prêt immobilier.
- Le cas de la fonction publique. Un contractuel de la fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière, dont le contrat est renouvelé régulièrement, obtient souvent une écoute plus favorable qu’un CDD de même durée dans le privé.
CDD, intérim, intermittence : des situations différentes
Derrière le mot « CDD », on trouve des réalités très différentes, que les banques n’analysent pas de la même façon.
- Intérim. Les banques attendent en général un historique de missions régulières sur plusieurs années. Un CDI intérimaire est souvent considéré plus favorablement que des missions ponctuelles.
- Intermittents du spectacle. Vos revenus sont étudiés sur plusieurs années, à partir de vos avis d’imposition. La prise en compte des allocations varie d’un établissement à l’autre.
- Saisonniers. La régularité des saisons, chez le même employeur ou dans le même secteur, devient l’argument principal.
- CDI en période d’essai. C’est un cas proche du CDD : la plupart des banques préfèrent attendre la fin de la période d’essai avant de s’engager.
La force du projet à deux
Lorsqu’un des deux emprunteurs est en CDI, hors période d’essai, et l’autre en CDD avec une certaine ancienneté, le dossier gagne en solidité : la banque raisonne sur les revenus du foyer.
Restez prudents malgré tout. Le budget doit rester supportable si l’un des revenus baisse un temps. C’est aussi l’occasion de bien choisir la répartition de l’assurance emprunteur entre vous deux. Nous construisons avec vous une enveloppe réaliste, qui protège votre projet autant que votre quotidien.
Les leviers à connaître en 2026
- Le prêt à taux zéro (PTZ). Il ne dépend pas de votre type de contrat, mais de vos ressources et du fait que vous achetez votre première résidence principale. Depuis le 1er avril 2025, il finance le neuf dans toutes les zones, et l’ancien avec travaux dans certaines communes. Voir les conditions du PTZ sur Service-Public.
- L’assurance emprunteur. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez changer d’assurance à tout moment, et le questionnaire de santé est supprimé sous conditions (part assurée jusqu’à 200 000 € par personne et prêt remboursé avant vos 60 ans). Une assurance moins chère peut vous aider à rester sous les 35 % de taux d’effort. En savoir plus sur le site de la convention AERAS.
- La garantie du prêt. Avec une caution, l’organisme de cautionnement étudie lui aussi votre dossier : il faut donc le convaincre avec les mêmes arguments.
- La durée. Allonger la durée, dans la limite des 25 ans, réduit la mensualité. Le coût total augmente : c’est un arbitrage à faire en connaissance de cause.
Préparer son dossier : les pièces qui font la différence
- vos contrats successifs et, si possible, une attestation de votre employeur sur un renouvellement envisagé ;
- vos derniers bulletins de salaire et ceux de décembre des années précédentes ;
- vos deux ou trois derniers avis d’imposition ;
- vos trois derniers relevés de comptes ;
- les justificatifs de votre apport et de votre épargne ;
- une présentation claire de votre parcours et de vos perspectives professionnelles.
Mettez en avant ce qui rassure : votre expérience, la régularité de vos loyers payés, votre capacité d’épargne. Un dossier complet et bien présenté fait gagner du temps à la banque et vous évite des refus de principe.
Vos questions sur le prêt immobilier en CDD
Peut-on emprunter seul en CDD ?
Oui, si votre dossier montre des revenus réguliers dans la durée, un apport et une épargne de sécurité, et un projet cohérent avec votre budget. C’est plus exigeant qu’à deux, mais pas impossible.
Combien d’années de CDD faut-il pour obtenir un prêt ?
Il n’existe pas de règle unique. Dans la pratique, deux à trois ans d’activité régulière dans un même secteur constituent souvent une bonne base. Chaque banque a sa propre politique : c’est là qu’un courtier vous fait gagner du temps.
Un intérimaire peut-il acheter un logement ?
Oui, à condition de justifier de missions régulières sur plusieurs années, ou d’un CDI intérimaire. Les revenus sont alors étudiés en moyenne, à partir des avis d’imposition.
Faut-il attendre la fin de sa période d’essai ?
Le plus souvent, oui. Vous pouvez toutefois préparer votre dossier et faire étudier votre capacité d’emprunt en amont, pour être prêt dès la confirmation de votre poste.
Un courtier augmente-t-il les chances d’obtenir le prêt ?
Il connaît les établissements les plus ouverts aux profils hors CDI, présente votre dossier sous son meilleur jour et négocie les conditions. La décision finale reste celle de la banque.
Faire le point sur votre projet avec FG STRATEGIES
Vous êtes en CDD, en intérim ou intermittent, et vous vous demandez si votre projet est finançable ? Nous étudions votre situation, nous vous disons franchement où vous en êtes et nous préparons avec vous un dossier qui met en valeur votre parcours. Découvrez notre accompagnement en financement ou contactez-nous pour faire le point sur votre projet, à Montpellier ou en visio.
L’obtention du financement reste soumise à l’étude et à l’accord de l’établissement prêteur.
